[HORS GOUVERNEMENT] "Il existe une volonté d'empêcher Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle", accuse le porte-parole du RN Thomas Ménagé

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Ajouté le : 13/01/2026 à 10:49

Citation :
"Il existe une volonté d'empêcher Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle"
https://www.franceinfo.fr/politique/marine-le-pen/il-est-tres-clair-qu-il-existe-une-volonte-d-empecher-marine-le-pen-de-se-presenter-a-l-election-presidentielle-affirme-thomas-menage-depute-rn-du-loiret-porte-parole-du-rassemblement-national_7738381.html
Les faits :

La justice a condamné Marine Le Pen en première instance, le 31 mars 2025, pour « détournement de fonds publics » et « complicité de détournement de fonds publics ».

D’une part, il lui est reproché d’avoir fait rémunérer par le Parlement européen, où elle a siégé de 2004 à 2017, quatre assistants parlementaires qui auraient en fait travaillé pour le compte de son parti, le Front national (FN, devenu RN en 2018), dont elle a assumé la présidence entre 2011 et 2021.

D’autre part, le jugement de première instance considère que Mme Le Pen a été au centre d’un « système » visant à faire bénéficier son parti de l’argent versé par l’Europe au titre des assistants parlementaires des eurodéputés RN, pour un préjudice estimé par le tribunal à environ 4,4 millions d’euros.

Mme Le Pen a ainsi été condamnée à une peine de quatre ans de prison dont deux ferme aménageables sous bracelet électronique, à 100 000 euros d’amende, ainsi qu’à une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate.

Or, le dossier est accablant, contenant notamment un mail dans lequel l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser s’inquiète de possibles « emplois fictifs » auprès du trésorier du FN, qui lui répond que « Marine sait tout cela ». Un autre courriel dans lequel le trésorier écrit à la présidente du FN que face à la situation financière difficile du parti, celui-ci ne s’en sortira que s’il fait « des économies importantes grâce au Parlement européen ».
Egalement un mail dans lequel Julien Odoul indique à Marine Le Pen, quatre mois après le début de son contrat, qu’il voudrait découvrir le Parlement européen et faire la connaissance de l’eurodéputée à laquelle il était rattaché. Ou encore un mail de Loup Viallet qui écrit à son eurodéputée, trois mois après le début de son contrat, pour lui demander... un ordinateur, aux frais de l’Europe, tout en précisant travailler « dans les faits » au siège du parti.

Dans leur rapport de synthèse de 98 pages bouclé en 2021, la conclusion des policiers de l’office anticorruption est sans appel : le parti aurait « mis en place un système organisé frauduleux de détournement des fonds européens à son profit, par le biais d’emplois fictifs d’assistants parlementaires ».

Sur TF1, Marine Le Pen a assuré qu’« il n’y a pas un emploi fictif » et que « même le parquet l’admet, puisqu’il dit : “Tous les assistants ont travaillé.” » Sans préciser que lors des perquisitions, les enquêteurs ont trouvé des preuves de travail des assistant·es pour leur parti, mais pas ou peu pour leurs eurodéputé·es. Face à ces documents, le RN, qui conteste en bloc les faits reprochés, a peiné à se défendre. Au procès, les défenses des prévenus ont tourné au concours Lépine des explications bidon. Et certains sont même accusés d’avoir produit des documents falsifiés ou antidatés.

Sources :
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/01/13/marine-le-pen-et-les-assistants-parlementaires-tout-comprendre-avant-un-proces-en-appel-crucial-pour-la-candidate-rn_6661758_4355770.html
https://www.mediapart.fr/journal/france/161124/rn-la-these-du-proces-politique-ne-resiste-pas-l-epreuve-des-faits